Qui était Saint-Martin de Porrès ?

vendredi 23 novembre 2012
par  SSVP972

SAINT MARTIN DE PORRÈS - APÔTRE DE LA CHARITÉ

Le titre d’apôtre de la charité est celui qui convient très bien à S. Martin de Porrès.

Ce simple frère dominicain, qui n’est jamais devenu prêtre, a cependant laissé le souvenir d’avoir été le « Père » des pauvres.

Martin de Porrès est né à Lima, au Pérou (Amérique du Sud) en 1579. Sa mère, une femme noire, s’appelait Anna . Martin lui ressemblait, ayant aussi la peau noire. Son père, au début, ne veut pas le reconnaître. C’est un noble espagnol qui va devenir un jour gouverneur du Panama et qui acceptera finalement de reconnaître son formidable fils mulâtre.

Martin entreprend tout jeune de devenir barbier ou, comme on dit aujourd’hui, coiffeur. Ce métier se pratique en même temps que celui de chirurgien et de vague médecin. On lui reconnaît rapidement du talent. Or à l’âge de quinze ans, il quitte tout cela pour d’entrer chez les dominicains. Comme il ne cherche rien d’autre que d’être le dernier des derniers religieux, il choisit de devenir un simple oblat ou donné, c’est-à-dire un frère qui balaie les plancher et qui effectue s’occupe les tâches les plus humbles comme celle de nettoyer les salles de toilettes. D’ailleurs, ce saint est souvent représenté tenant un balai.

Ses connaissances médicales, acquises avant l’âge de 15 ans, sont quand même assez remarquables pour que les autorités du couvent lui confient la responsabilité de l’infirmerie. Le frère Martin de Porrès soigne les malades au moyen d’herbes et de remèdes qu’il rassemble lui même. Sa réputation de guérisseur va se répandre au-delà des murs de son monastère et l’on ne tarde pas à parler de ses dons de thaumaturge, comme le bienheureux Frère André, c’est-à-dire de guérisseur qui prie. Il peut même porter un diagnostic sans se tromper. C’est alors qu’il se met à guérir des gens dans la rue, des blessés, partout où il les trouve.

Comme Mère Teresa et autrefois saint Vincent de Paul et tant d’autres saints, il est attiré par les sans-logis, par les abandonnés, les gens délaissés et oubliés. Il est bien connu qu’une majorité de saints vivent au quotidien ce que Jésus déclare dans les évangiles : « Ce que vous faites aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ! ».

Saint Martin de Porrès, dont le coeur est vibrant de charité, se permet de transporter des pauvres au couvent et même dans sa cellule, en les couchant dans son propre lit ! Évidemment, le prieur lui demande de cesser cela. Mais le frère Martin ne peut s’empêcher de continuer à veiller sur les malades, jusqu’à les porter dans sa cellule. Cette fois, on se montre sévère à son égard. Alors, ce à quoi saint Martin de Porrès répond doucement : « Pardonnez-moi. Pardonnez mon erreur et, surtout, soyez assez gentils pour m’expliquer ce qu’il faut que je fasse. Oui, excusez-moi, mais j’ignorais que le voeu d’obéissance avait préséance sur le précepte de la charité. »

Au lieu de sévir contre le frère Martin, les dominicains se ressaisissent. Ils ont compris que le frère Martin est sous l’emprise de l’Esprit Saint, et dorénavant, à partir de ce moment, on lui accorde la permission de faire tout ce que sa conscience lui dicte. On constate qu’il jouit de grâces étonnantes. Ce n’est pas la seule fois que la simplicité spirituelle de Martin de Porrès met les supérieurs très mal à l’aise. En effet, un jour, alors que le couvent est au bord de la faillite, il s’offre lui-même pour être vendu comme esclave. Le prieur en est ému aux larmes : « Allez, frère Martin, retournez au monastère. Vous ne serez jamais à vendre. » C’est Dom Butler, ce grand bénédictin anglais, qui disait, il y a un siècle, que la présence d’un seul saint dans un monastère pouvait non seulement transformer une communauté mais aussi justifier son existence dans le Corps mystique du Christ qu’est l’Église.

Saint Martin de Porrès devient donc à Lima l’incarnation de la charité, surtout à l’égard des plus méprisés. Il y a à Lima des malades réduits à mourir dans la rue, des pauvres incapables de travailler et de se suffire à eux-mêmes, et aussi des Amérindiens négligés et oubliés. C’est encore comme cela aujourd’hui à Montréal. Comme le frère Martin est noir lui-même, il a un faible pour les esclaves africains. Il leur apporte à boire et à manger. Il lui arrive souvent d’en guérir.

Reconnu par tout le monde de Lima comme un des grands amis de Dieu, il est demeuré tout à fait humble. Sa piété profonde et son intense charité touchent le coeur des gens de toutes les conditions sociales.

Saint Martin de Porrès meurt à 60 ans, le 3 novembre 1639, en extase devant son crucifix. Il n’est canonisé qu’en 1962 par Jean XXIII, ce pape très sensible à tout ce qui touche les injustices sociales ; ce pape l’a fait appeler « Martin de la charité ». Quand saint Martin est mort, toute la population de Lima, du vice-roi au plus simple mendiant, regrette amèrement le départ de ce grand saint à la peau noire, ce saint sensible à toutes les détresses et qui leur a enseigné par son exemple qu’une seule chose est importante, l’amour chrétien


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